« Puis le seigneur Indra ayant observé la profonde intelligence du grand sage Charak, lui révéla l’Ayurveda en quelques mots. »
Charaka Samhita. Chap.1, 18
L’origine de l’Ayurvéda remonte à la nuit des temps, aux écritures védiques de connaissance. Certainement le plus ancien système de sagesse et médical qui soit, datant de 4000 ans av. JC. De récentes découvertes archéologiques effectuées sur d’anciens sites en Inde, le confirme.
Des références aux plantes, se trouve dans le «Rik-Véda » (environ 3000 av. JC.), le plus ancien des quatre Vedas : Un hymne saluant la divinité, les plantes et leur pouvoir médicinal. L’autre Veda le «yajur-véda » mentionne de nombreuses plantes, et l’on pense que l’Ayurvéda proviendrait de «l’Upa-véda », une branche de l’"Atharvaveda". Mais la liste plus détaillée, se trouve dans ce dernier, le plus récent des quatre Veda.
Le Veda, c’est la connaissance par excellence, la science parfaite. Le vedânta, c’est l’aboutissement de la connaissance, du Veda : la voie de la non dualité ou «advaïta-vedânta ». Désigne aussi les upanishads et la théologie Indoue.
On trouve également des références aux plantes dans la célèbre «Chândogya-upanishad », dans l’Epique du Mahâbhârata et bien d’autres. On date ces textes de 5000 ans et plus. Ils sont dits être nés de la vision des rishis, les anciens sages védiques. Ils donnèrent au monde l’Ayurvéda, à l’origine une tradition orale transmise de maître à disciple, de génération en génération ; puis plus tard, sous la forme de courts versets poétiques en sanscrit, de sûtras.
Le premier texte de l’Ayurvéda, perdu mais mentionné dans la Charaka Samhita au II° siècle, serait «l’Agnivesha Samhita », texte remontant à 2500 av.JC. , sinon plus. Ceci dit le plus ancien, le plus détaillé et authentique traité sur l’Ayurvéda, est le Charaka Samhita, écrit par le mahârishi Charak, en prose comme en vers sanscrit, environ II siècle av. JC. Sa plus récente compilation est «l’Ashtanga hridayam » (environ au IX siècle) sur laquelle se basent de nombreux médecins vaidyas.
Parlons également de la « Sushruta Samhita » (V° s. av. J.-C.) qui présente l’Ayurvéda en relation avec la philosophie du Sâmkhya, la « connaissance exacte » (que l’on retrouve dans la Bhagavad-Gîtâ, les puâna, le Mahâbhârata, les Upanishad et le Vedânta). Le Sâmkhya et sa notion de purusha, l’esprit (le soi) et de prakriti, la nature créatrice. Il représente le dhanvantri, l’une des deux écoles de l’Ayurvéda, l’autre étant l’Atreya.
En 326 av. J.-C., Alexandre le grand envahit le Nord de l’Inde. Il revient à Alexandrie avec des herboristes et vaidyas indiens- d’ailleurs l’ancienne médecine traditionnelle indienne unani, qui repose sur la théorie des doshas, des humeurs, élaborée par Hippocrate, est l’héritage de la tradition médicale gréco-arabo-indienne.
Le premier classement des plantes médicinales indiennes fut fait par les physiciens qui accompagnaient Alexandre le Grand. Puis durant des siècles l’Europe convoita les épices et les plantes de l’Inde. Mais à l’arrivée des Anglais, le système traditionnel de médecine fut remplacé officiellement par celui de l’occident. Seule la médecine occidentale était reconnue, même si l’Ayurvéda continuait de se pratiquer dans les campagnes et dans les familles hindoues orthodoxes, de même de nos jours.
A présent l’Ayurvéda et le yoga sont reconnus officiellement comme deux des six systèmes de médecine.